L‘experience de l’ENSP

Peu de temps après sa création et avant même la nationalisation des hydrocarbures, la Sonatrach a jugé utile et même vital pour son présent et surtout pour son avenir, de se doter d’outils locaux à même de lui garantir et à l’industrie pétrolière en Algérie, des services aux puits performants et qui ne disparaissent pas au gré des vicissitudes, des aléas et des conjonctures.

Parmi les sociétés mixtes qu’elle a créé avec divers spécialistes américains, figurent :

  • ALDIA  : Diagraphie
  • ALFLUID : Fluides de forage
  • ALTEST : les services pétroliers
  • ALDIM  : les outils de forage.

L’un des axes essentiels de la stratégie de l’Entreprise est la recherche de partenariat dans les activités à fort contenu technologique. La restructuration des entreprises engagées par les Pouvoirs Publics au début des années 1980, s’est soldée par le départ des associés étrangers dans les sociétés mixtes de services pétroliers et le regroupement de celles-ci au sein de l’ENSP crééeà cet effet.

Dans ce cadre, l’ENSP a reconduit à son avantage pour une nouvelle période de 10 ans, la J.V créée avec la Compagnie américaine BJ Services et en a crée deux autres avec le Groupe Halliburton.

La première initialement créée sous la forme de société d’économie mixte, dans le cadre de la Loi 82-13 du 27 Août 1982 sous l’appellation « ALCIM », a été transformée en société par action à l’occasion de sa reconduction et a pris la dénomination de BJSP.
La transformation du statut juridique de cette Société était motivée par des raisons pratiques mais répondait ainsi au souci de la conformité avec la nouvelle législation qui a assoupli les conditions de création et de fonctionnement.

La deuxième a été créée directement sous cette forme juridique.

Cette société dans laquelle l’ENSP détient 51% des actions, est spécialisée dans le logging dénommée HESP.

Il convient de noter que la création de HESP a été inévitable en raison du décalage technologique des services offerts par ALDIA par rapport à ceux de ses concurrents et d’une forte tendance à sa marginalisation. Son outil de production ne répondait plus aux besoins du marché.

La troisième société a été créée avec Halliburton Baroid avec laquelle nous avons remporté en commun l’important marché de BP In Salah.

Cette société dans laquelle l’ENSP détient 40 % des actions est spécialisée dans les fluides de forage.

Les difficultés financières qu’a connu le Pays durant la période 1994/1999 ont généré des situations extrêmement contraignantes pour les Entreprises dont l’activité était exclusivement tournée vers le marché intérieur ; l’ENSP était parmi celles-ci.

L’absence de moyens de paiement extérieur contraignait l’ENSP non seulement à renoncer temporairement à son ambition de poursuivre le renouvellement systématique de son outil de production mais aussi à un certain projet de partenariat.

La formule de groupement a été imaginée comme une solution alternative dans la mesure où elle excluait le recours à des moyens de paiement extérieur. C’est ainsi qu’ont été créés les trois Groupements :

WSP en 1994 avec Weatherford dans les clés de tubage

SESP en 1998 avec Solid Energy (Canada) dans le Well testing

MESP en 1998 avec Medes (Italie) dans le traitement des rejets pétroliers.
La caractéristique de ces Groupements est que l’ENSP ne participe pas à l’acquisition des équipements de production introduits en Algérie mais en devient copropriétaire à l’issue de leur amortissement.

En d’autres termes, le Groupement fonctionnera avec les moyens mis à sa disposition par les deux partenaires.

L’ENSP facture la location du personnel et des équipements d’appoint ainsi que toute autre prestation effectuée au profit du Groupement et le partenaire étranger facture, sur une période déterminée, le montant correspondant à la valeur d’acquisition des équipements introduits en Algérie.

Compte tenu de son dynamisme et des perspectives intéressantes de la croissance du marché, MESP a changé de statut pour devenir SPA en Janvier 2005.

Il en va autrement de SESP qui n’arrivait pas à fonctionner de manière autonome, donc il n’a pas été reconduit en 2003.

Quant à WSP, la transformation de son statut juridique a constamment été reportée. L’idée de sa transformation a toujours été liée à la réorganisation des activités de DOS à l’intérieur du Groupe ENSP.

En 2004, WSP a eu 10 ans. A la veille de la dixième année d’existence de ce Groupement, les deux partenaires ont jugé opportun de l’ériger en SPA.

Les clauses contractuelles contenues dans le contrat de création de ce groupement stipule en substance que :

. Lorsque l’investissement effectué par Weatherford est amorti (au sens commercial), l’ENSP en devient copropriétaire à 50%. Cet investissement est constitué par 10 clés automatiques apportées par Weatherford.

. A l’expiration de la période contractuelle, le Groupement pourra être transformé en SPA.

Depuis la fin de l’année passée, l’ENSP et Weatherford discutent pour convenir du contenu patrimonial à donner à la nouvelle société. Finalement, après avoir examiné les différents cas de figure, les deux Parties ont abouti à la conclusion qu’il faut passer par une étape intermédiaire qui consiste à constituer le patrimoine de la SPA par le transfert des équipements actuellement à sa disposition.

Les deux Parties complèteront le capital par un apport en numéraire.

Outils de forage : L’alliance avec DDS

L’émergence de l’outil PDC et la tendance à la baisse de la vente des outils diamantés fabriqués par ALDIM, avaient amené l’ENSP au milieu des années 1980 à orienter cette unité vers des activités accessoires, mais lucratives de fabrication conventionnelle de matériels pétroliers divers. Ceci lui a permis de préserver un équilibre financier fragile et même de conserver une petite part du marché en améliorant par ses moyens propres, son outil de forage.

Après une longue période de consultation et de négociation pour trouver un partenaire à ALDIM, afin de réhabiliter l’outil de forage, l’ENSP a, enfin, trouvé le partenaire idéal en DDS (Diamant Drilling Services).

Ils ont proposé à l’ENSP un partenariat en deux étapes, articulé comme suit :

. Apport technologique permettant à ALDIM d’être en mesure de présenter un outil de qualité comparable à ceux des autres concurrents.

. Commercialisation à travers le réseau de DDS des outils diamantés d’ALDIM.

. Création d’une J.V après une maîtrise technologique et commerciale du marché.

Les avantages du partenariat peuvent être relatés sous différents aspects entre autre la puissance avérée en matière de recherche et développement technologique.

Le partenariat présente certains inconvénients entre autre le fait que le partenaire soit, en même temps, un fabricant d’équipements présente l’inconvénient d’une dépendance vis-à-vis de lui.

En outre, la facturation en amont du partenaire induit des résultats financiers faibles ce qui réduit les dividendes du partenaire local.